Sang bleu, Sang noir

 

 

Bleu, noir, blanc,

Il y eut la fusion des sangs ;

 

Puis la nuit originelle

Replia ses ailes

Sur l’azur pâle

Du huis-clos prénatal.

 

A l’hôtel Dieu

Hospice glorieux

Naquit enfin

L’orphelin .

Petit d’homme

Fils de Personne.

 

Né de paires inconnues,

D’un Ulysse au long cours

Emmanché d’un long… Qui court

Après les sirènes à beau cul…

 

Au Palais de la femme

Foyer des filles mères

Et salut des âmes

On accueille la mère

Et le bébé pas Cadum.

Crésyl, néon, linoléum,

C’est le pallas

Des rescapés de la DASS.

 

Blanc comme nègre,

Bâtard affublé d’une particule,

Avant que le mioche n’articule

Il est banni de la Haute…

Pègre.

 

 

Mêlé au sang pur,

Le sang impur

Du négrillon,

Abreuve les sillons

D’une lignée de châtelains

Propriétaires terriens ;

 

Sang bleu ne doit faillir :

L’ignoble

Dans le noble

Il faut l’occire :

 

Lutte des classes !

Lutte des races !

L’errance

Du lointain triangle reprend…

 

Indifférent aux différences,

Le sang mêlé de Francs,

D’Africains,

Et d’Indiens ;

L’ange,

Le basané blasonné

S’en fout, entre deux tétées

Il chie dans ses langes.

 

Un détective enquête

Et retrouve à Londres la trace

Du père noir putatif en quête

De femelles -blanche- de race.

 

A l’insu des concernés

La reconnaissance de paternité

Echoue pourtant :

Pas moyen de noircir le nom blanc,

De changer le nom d’aristo

En celui du nègre prolo !

 

Le descendant d’esclave reste Maître

De son identité, de ses quartiers et de   ses lettres.

 

Chez sa nourrice,

Un fils de charbonnier

Vient demander au petit métis

La main de sa mère.

A la vue de ce père,

Il prend la sienne

Et la fait sienne.

 

Mais à l’âge des blouses

Usant les bancs,

Ils perdent l’épouse

Et la maman.

 

Noble

Dans l’ignoble

Qui pousse une mère au sacrifice

Pour son fils.

 

Mais dans « mourra » il y a amour,

Et dans la moire,

De la nuit mêlée au jour

Ondoie l’insurrection du bâtard.

 

Ruse de la raison ?

Il est le dernier rejeton mâle de la branche aînée

A porter le nom

De cette lignée

Descendant du croisé Eustache de Grenier

Comte de Sidon, et seigneur de Césarée.

Ultime paradoxe :

Son ancêtre d’Outre-mer était un baron venu d’Ecosse.

 

Quant au divers,

Uni

en lui,

Tel un impératif catégorique braquant un revolver

contre une possible guerre,

le déclassé revendique cette violence :

le droit à la ressemblance !

 

Rouge est le sang du noir,

Rouge est le sang du jaune,

Rouge est le sang du blanc.

 

Patrick Grenier de Lassagne/Tous droits réservés. Editions Du goudron & des plumes

LE GLAND BLEU

PREPAREZ VOS LARMES… POUR FAIRE MONTER LE NIVEAU DU « GRAND BAIN »…

Dans cette comédie mélo de Gilles Lelouche -Le grand bain- petit frère des « Petits mouchoirs » de son pote Guillaume, pas la peine de sortir vos kleenex, pour éponger vos pleurs de rire ou vos pleurs tout court…
En effet, quand on ne patauge plus dans la neurasthénie complaisante de cette bande de soi-disant loosers, aux portraits brossés à la truelle de carrelage de bassins aquatiques, c’est qu’on a fini de se cogner aux quatre angles d’un rectangle bleu translucide pendant près de deux heures… au bout desquels le film s’achève… sans avoir même commencé.

Après avoir été plongé en immersion deux heures dans ce petit bain des grands sentiments et des bonnes intentions, on se dit que
tout est petit dans ce « Grand bain » qui louche du côté british de la comédie sociale à la « Full monty » tout en s’enlisant et se noyant dans le marais de ses bonnes intentions versés à la louche.

Cette « loose » tournée en dérision ne l’est même pas avec tendresse… ou alors tellement affectée que le vase déborde tout le temps.

Ce n’est décidément pas comme dans le film « Affreux, sales et méchants » avec le remarquable Vittorio Gassman ou « Il bidone » de Fellini; films qui, aussi cyniques soient-ils, vont droit aux nerfs sensibles de l’émotion. Non là on se dit que le talent a du disparaître dans le triangle des bermudas.

« Le grand bain » est un film racoleur et geignard qui joue sur l’empathie et la compassion du spectateur en alternant les regards de hibou d’Amalric, le défaitisme colérique, l’obstruction ou l’aigreur sursoulignées de Canet, ou bien encore les incrédibles attitudes d’autruche qui passe son temps à se voiler la face en se mettant la tête sous l’ eau, de notre Polvoerde national qui ne cesse de se mîmer lui-même.

Seuls Anglade ou Katerine s’en tirent à peu près, malgré le fait que Lelouche ne cesse de leur mettre plus profond la tête sous l’eau, pour les surcharger sans cesse de faiblesses !

Efira ou Bekti même topo: quand elles ne sont pas affligées d’ hystérie ou de neurasthénie permanente, il en rajoute une louche pour les faire sombrer dans d’abyssales profondeurs alcooliques, sentimentales ou autoritaires.

Et que dire du mec qui entre en apnée dans les piaules de vieux qui pueraient soit disant tant, qu’ il en acquiert un coffre pulmonaire hors pair et n’a besoin de respirer que toutes les 4 minutes dans cet Epad où il bosse!?
Et tout ce stratagème scénaristique, cette ficelle narrative pour permettre de dégoter cette perle rare et manquante du record d’apnée afin de transformer la dream team de bras cassés, en mâles de réussite…
Sans oublier les deux faire valoir de la sacro-sainte « diversité » -du team, privés de répliques, et de jeu… l’un est sous titré entre deux borborythmes autochtones et indigènes d’on ne sait pas où, et l’autre replet et barbu, est muet comme une carpe.

Le grand blues quoi!

Puis le bouquet… de ces délires aquatiques portés au pinacle c’est l’incrédible et téléphonée happy end! La brêle team devient « championne du monde! » de ballet de natation synchronisée -mais ç’est bien sûr!… Où avais-je la tête… sous l’eau?

Et ceci grâce à un effet de levier inversé bien entendu: Plonger si bas, ça permet en fait de remonter DE plus profond… pour gagner des médailles en chocolat et surgir des fonds sous marins carrelés tel l’homme de l’Atlantide…

Donc :
partir de rien pour arriver nulle part après beaucoup d’ efforts… C’est à peu de choses près, la vision du monde de Gilles…

Bref…
après les schtroumpfs v’là le Gland bleu…

Inconnue

BRUNE AU CAFÉ

Vert pensif
ses prunelles vagues,

Nuit noire
sa chevelure aux reflets étoilés

Charbonnées
ses obscures et languissantes paupières

rouge lascif
ses lèvres indolentes et mystérieuses

Nacré
son énigmatique sourire

Mauve sa robe boudeuse
à bretelles et motif cachemire

Rose sang
la guirlande de fleurs
tatouée sur son épaule nue,

violette
sa palpitante blessure secrète

Vif argent
son stylo griffant
d’une encre brun chagrin
un grand cahier orange à spirales posé devant elle

éblouissante la page noircie
qui éclipse le soleil de juin

Paris Eté 2016

« D’UN CLANDESTIN, L’AUTRE », un film d’Eric Deroo

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« D’UN CLANDESTIN, L’AUTRE » d’ERIC DEROO

ou VIVRE SA VIE EN HABIT DE CAMOUFLAGE…

Dans ce documentaire produit par Jacques Perrin, le cinéaste Eric Deroo, se penche sur les coulisses de l’histoire à travers quelques figures marginales autant qu’emblématiques. Cette galerie de personnages illustre chacun à sa manière, ce qui se trame derrière les masques et le travestissement des uniformes, des costumes et des tenues.
Au fil du film on assiste aux jeux de rôles que permettent et favorisent les identités d’emprunt de ces passagers clandestins de la vie.

Spécialiste des troupes coloniales, Eric Deroo s’est « embedded » bien avant l’heure et la mode. Dans ce parcours de toute une vie, dans ce film bilan d’une existence entière consacrée à se faire chroniqueur, le cinéaste lui-même semble s’interroger sur le rôle qu’il joue dans ce train fantôme de l’histoire, dans ce dérisoire carnaval de la vie.

Les Puces, point de départ de sa passion, barnum d’objets hétéroclites, de chromos d’époque, de choses factices ou de grande valeur, fête foraine d’étals et de camelots, lieu roi des bonimenteurs et des posticheurs, décidèrent de sa vocation. A la suite de la découverte d’un carton de photos et d’autoportraits pris par un inconnu, l’opportunité se présenta pour Eric Deroo de reconstituer la vie d’un autre en s’identifiant à lui. Ce qui le poussa à se muer en une foule d’autres et à partir sur leurs traces.

Ainsi le cinéaste filmera le trompeur prestige des uniformes d’un collectionneur, le baron Richard de F., les tenues de camouflage du mercenaire John dans la jungle du Surinam; les déguisements de rappeur US, de Lénine ou de général de 14/18, de Titus,

mais aussi les sincères faux-semblants d’un tirailleur sénégalais; qui sont autant de pièges et d’outils de séduction.

En faisant endosser un rôle à leur protagoniste, ces habits leur permettent de piéger leur entourage et de « faire croire ».

Et pourtant, pour celui qui endosse ce rôle, cette illusion devient vérité tout autant que pour les autres. « Les maitres fous » de Jean Rouch ne sont pas si éloignés de ces personnages et semble leurs faire écho. Comme ces vers de Verlaine « Masques et bergamasques (…) quasi tristes sous leurs déguisements fantasques ».

Bien entendu, on découvre au fil du récit que tout cela n’est pas qu’une farce, même si la tragédie à des accents de comédie.
Et la sincérité à nu d’un ancien combattant vietnamien, la mort annoncée d’étudiantes combattantes birmanes, ou les propos cruels et crus d’un mercenaire belge accoudé derrière son bar, attestent d’une autre vérité : la mort… La mort qui vous piège au tournant d’un sentier, au coin d’une rue, au détour d’une embuscade ou sous les bombardements.

Enfin, ce griot dogon, qui dispense les leçons de l’histoire au musicologue et philosophe marxiste Dominique Pagani, et qui avoue perdre le fil des généalogies et des générations dans la nuit des temps, autant que dans les labyrinthes et les méandres de sa mémoire faillible, s’avère de l’aveu même de Dominique Pagani, le seul historien honnête qu’il ait jamais rencontré.

Dans ce film le rôle de l’historien, du spécialiste, de l’expert, reconstituant les temps passés, est donc questionné, voire remis en question. Car en effet, le problème de l’histoire est l’histoire d’un problème. Le problème de raconter objectivement l’histoire des hommes et des civilisations, qui semble une mission impossible pour l’historien… Ce, malgré les improbables solutions que sont les diverses reconstitutions, compilation de faits et de documents, interprétations des évènements, des conflits, des guerres et de leurs résolutions.

L’histoire, dit-on, est toujours racontée par les vainqueurs. C’est donc autant de sources d’interprétations, de confusions ou de falsifications qui deviendront les représentations de la vérité historique… Tel ce commissariat aux archives sous Staline ou sous Hitler…

Dans ce film mélancolique teinté de la nostalgie de son enfance passée par intermittence en Italie, Eric Deroo choisit donc de raconter et de décrire les marges de l’histoire, ses coulisses, ses arcanes, presque ses vestiaires… : sanctuaires de glorieuses destinées, bas- fonds où s’anéantissent des destins brisés, mausolées où bruissent les pas des héros anonymes.

Nous reste l’impression que l’homme est un fantoche embarqué dans un monde plein de bruit et de fureur. Cela en résonance avec le titre du film « D’un clandestin, l’autre » qui n’est pas sans évoquer la chanson des gardes suisses :
« Notre vie est un voyage dans l’hiver et dans la nuit, nous cherchons notre passage dans le ciel où rien ne luit ».

Produit par Galatée Films (2018). Diffusion sur la chaine Histoire

Rediffusion le 30 mars à 23h30 ; le 11 avril à minuit (dans la nuit du 11 au 12) ; le 17 avril à minuit (dans la nuit du 17 au 18) ; le 23 avril à minuit (dans la nuit du 23 au 24) ​; le 28 avril à 9h. )

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